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Haïti : l’ONU alerte sur la corruption comme obstacle majeur à la paix et à la stabilité

Port-au-Prince, 9 avril 2025 — La corruption demeure l’un des principaux freins à la paix et au redressement d’Haïti, alerte l’ONU. En 2024, plus de 5 600 personnes ont été tuées dans le pays, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Une violence généralisée qui, combinée à une corruption profondément enracinée, rend l’accès aux soins, à la sécurité et aux services de base de plus en plus difficile pour la population.

Les gangs armés, en plein essor, profitent de l’effondrement institutionnel pour élargir leur emprise territoriale. Une situation exacerbée par la collusion de certains agents publics, notamment au sein des postes de douane. Ces points d’entrée stratégiques sont régulièrement infiltrés par des fonctionnaires corrompus, facilitant ainsi l’importation illégale d’armes, selon les autorités.

Joseph Hans Jacques Ludwig, directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), n’hésite pas à qualifier la situation de véritable « désintégration ». Il souligne que l’absence de perspectives, d’éducation et de conditions de vie décentes pousse de nombreux jeunes à rejoindre les rangs des groupes armés.

Depuis 2020, l’ULCC a transmis 50 rapports d’enquête au parquet — un chiffre supérieur à celui enregistré durant les 17 années précédentes. En parallèle, des initiatives de sensibilisation sont mises en place. En 2023, deux clubs d’intégrité ont été créés dans des établissements scolaires pour encourager la jeunesse à rejeter la corruption et promouvoir une culture de la transparence.

L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec le soutien du Canada, de l’Union européenne et du Haut-Commissariat des droits de l’homme, accompagne activement ces efforts en matière de formation et de réforme institutionnelle.

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