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Haïti : Quand l’échec devient doctrine d’État

Haïti : Quand l’échec devient doctrine d’État

En principe, ils représentaient l’espoir d’une nouvelle gestion. Fritz Alphonse Jean, actuel coordinateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), et Antoine Augustin, ministre de l’Éducation nationale, proviennent d’un mouvement politique qui, bien qu’il n’ait pas fait ses preuves, savait enchanter par ses propos. Membres actifs de l’accord Montana — présenté comme un projet purement haïtien de sortie de crise —, ces deux figures centrales du pouvoir aujourd’hui symbolisent, à travers leur administration, l’échec persistant d’un appareil politique plus préoccupé par les apparences que les résultats.

Depuis leur prise de fonction, aucun d’eux n’a réussi à établir les fondations d’un leadership efficace. Le pays s’enferre dans une spirale de violences, les institutions se désagrègent, et les discours réformateurs laissent place à une pratique du pouvoir désincarnée. Alors qu’ils étaient autrefois les porte-paroles d’un changement de direction, il est clair que, une fois en mesure d’agir, leurs actions se sont limitées à des déclarations banales et des promesses vides. L’éducation décline, la transition est au point mort, et le silence remplace les engagements.

Le paradoxe est évident : ceux qui critiquaient l’inefficacité des élites traditionnelles répètent aujourd’hui les mêmes erreurs. Ce pouvoir sans vision, dilué dans une transition floue, confirme ce que beaucoup craignaient déjà : l’accord Montana, vanté comme la solution haïtienne à la crise haïtienne, n’était qu’un leurre politique. L’inaction chronique et l’absence de résultats tangibles entament chaque jour un peu plus la crédibilité de cette classe politique en déclin.

L’histoire retiendra peut-être leurs noms, mais sûrement pas pour les bonnes raisons. À travers leur incapacité à mettre leurs idées en pratique, Fritz Jean et Antoine Augustin incarnent la tragédie politique haïtienne : celle d’une élite qui préfère discuter plutôt que diriger ; qui commente au lieu d’agir. Le pays, quant à lui, continue de sombrer, livré à une transition sans direction, sans courage, et sans véritable impact.

Sewòm Enfo

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