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Le Grand Déménagement National : Quand l’État se Perd dans la Comptabilité Politique

Fritz Alphonse Jean, économiste et homme politique, a souvent comparé la gestion du pays à celle d’un simple tableur Excel : des colonnes pour les dépenses de guerre, et une autre pour les promesses. Une vision binaire et utilitaire qui semble faire abstraction des complexités humaines et sociales. Tandis que Jean met en avant une gestion rigide, le pays est en proie à une crise profonde, où l’incapacité de l’État à protéger ses citoyens devient un problème crucial. Les promesses de développement et de stabilité semblent se dissoudre dans les comptabilités politiques, laissant derrière elles des populations dévastées et sans recours.

À Place publique Saint-Pierre, une scène tragique se déploie chaque jour. Là où il y avait autrefois des lieux de rassemblement et d’échange, il ne reste plus qu’un bidonville à ciel ouvert. Des familles entières y cuisinent, lavent leur linge et dorment sous les étoiles. Ces habitants ne choisissent pas cet exil, mais y sont contraints par la montée des violences des gangs armés. Leurs vies ont été déracinées par une criminalité incontrôlée, mais aussi par l’absence d’une réponse adéquate de l’État. Dans ce contexte, les promesses d’un futur meilleur paraissent vaines face à l’urgence quotidienne de la survie.

À Saint-Pierre, la réalité est claire : ce n’est plus une place publique, mais un véritable camp de déplacés internes. Les saints en pierre, silencieux témoins d’un passé révolu, semblent tout aussi impuissants que les dirigeants politiques, souvent plus concentrés sur des calculs économiques que sur l’action concrète. Les institutions censées protéger la population se sont effondrées face à des gangs mieux organisés et financés. En l’absence de véritable protection, les citoyens cherchent désespérément une sécurité que l’État ne parvient plus à offrir. La dérive est évidente, et les responsables politiques semblent plus préoccupés par la gestion budgétaire que par la reconstruction d’un État capable de protéger ses citoyens.

Pendant ce temps, Fritz Alphonse Jean poursuit sa comptabilité politique, en énumérant les chiffres des dépenses et des engagements. Cette logique comptable semble se déconnecter de la réalité vécue par des milliers de personnes qui, chaque jour, fuient les violences, mais aussi l’indifférence de l’État. À force de dissocier les promesses des actions, le pays se trouve dans une impasse : un grand déménagement national où les citoyens se déplacent non seulement à cause des gangs, mais aussi à cause d’un système étatique qui ne parvient plus à leur garantir la moindre forme de sécurité ou de dignité. Quand ceux qui fuient les gangs cesseront-ils aussi de fuir l’État ? C’est la question qui reste sans réponse, alors que le pays s’enfonce dans la crise.

Sewomenfo@gmail.com

Haïti – Le FNE entre promesses et

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