Haïti/Politique : Trois conseillers présidentiels en quête de légitimité au CEP

Haïti/Politique : Trois conseillers présidentiels en quête de légitimité au CEP
Port-au-Prince, 31 octobre 2025 — Alors que le pays panse encore ses plaies après le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, trois membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) — Louis Gérald Gilles, Frinel Joseph et Emmanuel Vertilaire — se sont rendus ce vendredi matin au siège du Conseil électoral provisoire (CEP). Objectif : discuter du projet de décret électoral censé encadrer les prochaines élections. Une démarche que plusieurs observateurs qualifient déjà de mascarade politique, au moment où la population attend des actions concrètes pour sa survie, non des manœuvres électoralistes.
Selon des sources proches du CEP, la rencontre portait sur la finalisation d’un texte qui sera transmis aux partis politiques avant le 10 novembre. Mais cette initiative soulève de fortes suspicions. D’abord, parce que le mandat du CPT s’achève le 7 février 2026, ensuite parce que deux des conseillers présents — Gilles et Vertilaire — sont cités dans un dossier de corruption ouvert par la ULCC concernant un braquage présumé à la BNC. Leur présence au CEP, à ce stade du processus, jette une ombre lourde sur la crédibilité d’un projet déjà contesté dans son fondement.
Le président du CEP, Jacques Derosier, invité ce matin à l’émission Booster sur Radio Méga, a d’ailleurs reconnu qu’il est « matériellement impossible » d’organiser des élections avant février 2026. Une déclaration qui met à nu le double discours du CPT, qui promet des scrutins rapides alors même que les conditions sécuritaires, logistiques et institutionnelles demeurent catastrophiques. Cette incohérence politique renforce l’idée d’un pouvoir en quête de légitimité, prêt à simuler un processus électoral pour prolonger son existence au mépris de la loi et de la morale publique.
Pendant ce temps, la majorité des partis politiques et des acteurs de la société civile restent sceptiques face à cette initiative. Beaucoup y voient une tentative désespérée de maquiller l’échec flagrant de la transition en faisant croire à une sortie démocratique imminente. Si les dirigeants du CPT persistent dans cette voie, sans base légale ni confiance populaire, ils risquent de transformer encore une fois le rêve électoral d’Haïti en un mauvais théâtre politique — un de plus — sur la scène déjà surchargée de la crise nationale.
duverneguyno@gmail.com































