Haïti : l’Alliance nationale de rupture avance un schéma de transition inclusive et souveraine pour 2026

Haïti : l’Alliance nationale de rupture avance un schéma de transition inclusive et souveraine pour 2026
Face à la détérioration continue de la situation sécuritaire, institutionnelle et socio-économique du pays, l’Alliance nationale de rupture a présenté un projet d’accord politique et constitutionnel destiné à encadrer une nouvelle transition à compter du 7 février 2026. Intitulé « Propositions nationales pour une transition inclusive, structurelle et souveraine », le document se veut une réponse globale à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti, tout en revendiquant un ancrage strict dans le cadre constitutionnel existant.
S’appuyant sur la Constitution de 1987 ainsi que sur l’Accord du 3 avril 2024 et le décret du 12 avril 2024, l’Alliance rappelle que le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) arrive à échéance le 7 février 2026. Elle estime qu’une prolongation de cette transition, en dehors d’un mécanisme constitutionnel ou référendaire, constituerait une atteinte à la souveraineté populaire. Le texte dresse par ailleurs un constat d’échec des structures actuelles, évoquant l’insécurité généralisée, la perte de contrôle de portions du territoire et l’incapacité des institutions à rétablir un fonctionnement régulier de l’État.
Sur le plan institutionnel, la proposition prévoit la mise en place d’un Conseil d’État de trois membres, chargé d’exercer collégialement l’autorité exécutive durant la transition, sous la présidence d’un juge de la Cour de cassation. Un Premier ministre, désigné par consensus des forces politiques et sociales, assurerait la conduite de l’action gouvernementale. Le dispositif est complété par un Organe de contrôle indépendant, intégrant notamment des représentants des institutions judiciaires, des universités publiques et de la diaspora, avec pour mission de superviser la légalité des actes, les finances publiques et le respect du calendrier de transition.
La feuille de route proposée s’articule autour de plusieurs étapes successives : la réorganisation du Conseil électoral provisoire, la tenue d’un dialogue national inclusif, l’installation d’une Assemblée constituante, l’organisation d’un référendum constitutionnel, puis des élections générales. Prévue sur une durée de quinze mois, jusqu’en mai 2027, cette transition placerait la sécurité publique, la lutte contre la corruption et la refondation institutionnelle au cœur des priorités. Si cette initiative se présente comme une alternative à l’impasse actuelle, son avenir dépendra largement de la capacité des acteurs nationaux à engager un dialogue et à dégager un consensus autour de ce projet.
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