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Haïti : La sécurité, une priorité négligée par le Conseil Présidentiel de Transition

Haïti : La sécurité, une priorité négligée par le Conseil Présidentiel de Transition

Alors que la crise sécuritaire s’intensifie chaque jour, plongeant de vastes régions du pays dans la peur et l’instabilité, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) semble agir à contre-courant des besoins urgents. Le coordonnateur du Conseil, l’économiste Fritz Alphonse Jean, éprouve des difficultés à donner une direction claire sur la question de la sécurité, donnant l’impression que ce problème crucial est relégué au second plan. Parmi la population, l’incompréhension augmente face à l’apparente indifférence d’un pouvoir censé représenter le changement.

D’après des sources proches du CPT, la gestion de la sécurité n’est même pas définie comme une priorité dans les discussions entre les membres du Conseil. Au contraire, certains acteurs semblent plus préoccupés par l’amélioration de leur image internationale ou les opportunités diplomatiques après leur mandat, plutôt que par la rétablissement de l’ordre dans les rues haïtiennes. Cette disconnexion entre les responsabilités du Conseil et les attentes urgentes du peuple haïtien ne fait qu’accentuer la défiance envers l’équipe de transition.

Dans ce contexte, une voix se fait pourtant entendre au sein du Conseil. Emmanuel Vertilaire, avocat de formation et responsable du volet “Justice, Sécurité et État de droit”, a plusieurs fois tenté de placer la sécurité au centre des discussions. Le 3 avril, il a officiellement demandé une réunion d’urgence pour traiter la situation sécuritaire. Mais lors de la dernière rencontre du CPT, ses propositions ont été ignorées, révélant une dynamique inquiétante de marginalisation à l’intérieur même de l’organe de transition.

Ce manque d’écoute et de coordination interne illustre une crise de leadership qui dépasse la question de la sécurité. Il met en lumière un Conseil incapable de répondre collectivement aux défis majeurs du pays, et dont l’inaction contribue à aggraver une situation déjà dramatique. Pendant ce temps, les gangs étendent leur contrôle, les citoyens fuient, et l’État, en silence, se retire.

Redaction Sewòm Info ℹ️

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