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Cap-Haïtien sous le feu : quand l’État abdique face à la terreur

Cap-Haïtien sous le feu : quand l’État abdique face à la terreur

Depuis plusieurs semaines, la ville du Cap-Haïtien vit au rythme des tirs, des assassinats et de la peur. Ce jeudi 16 avril 2026, un jeune ingénieur, agent du BSAP et étudiant en diplomatie, Lucner Ylvert, a été froidement abattu par des individus armés circulant à motocyclette dans la zone de Haut du Cap. L’acte, d’une violence inouïe, vient s’ajouter à la longue liste de crimes qui ensanglantent la deuxième ville du pays. À peine la veille, deux autres corps avaient été retrouvés non loin, confirmant une réalité insoutenable : la mort est devenue un spectacle quotidien à Cap-Haïtien, sous le regard impuissant des autorités.

Cette spirale macabre ne s’arrête pas là. Le lundi 13 avril dernier, c’est Me Ronel Telsyde, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cap-Haïtien, qui a été touché au bras dans les mêmes circonstances, par des hommes armés à motocyclette dans la zone de Babiole. Ces assassinats successifs traduisent un schéma de violence organisé, répété, dont aucune instance officielle ne semble vouloir briser la logique. L’absence de réaction rapide, structurée et coordonnée de l’État nourrit un sentiment d’abandon profond au sein de la population, qui voit sa sécurité se déliter à une vitesse alarmante.

Face à cette hécatombe, le silence assourdissant des autorités locales choque autant qu’il indigne. Le délégué départemental du Nord, Me Marc Présumé, incarne désormais l’image d’un pouvoir désorienté, dépassé, et, pire encore, indifférent. Alors que la population réclame des mesures d’urgence, un plan de sécurité tangible et une réponse à la hauteur du drame, l’administration semble tétanisée, réduite à des déclarations vagues et des promesses sans lendemain. Dans un moment aussi critique, ne rien faire équivaut à cautionner l’inacceptable.
Chaque heure de silence officiel est désormais un risque de plus pour la vie d’un citoyen. Chaque absence de réaction nourrit le règne de l’impunité. Pendant que les autorités, retranchées dans leurs bureaux, détournent le regard, le Nord plonge chaque jour un peu plus dans le chaos.

Le Cap-Haïtien mérite mieux qu’un État fantôme. Il mérite une réponse forte, immédiate et soutenue. Car l’indifférence de ceux qui devraient protéger devient, elle aussi, une forme de violence.

guyfredmedia12@gmail.com

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