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Crise de la Justice en Haïti : le cas Nenel Cassy relance le débat sur l’impunité politique

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (Rhajac) a dénoncé, ce 15 avril 2025, une grave dérive dans le système judiciaire haïtien. Au cœur du scandale : le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Frantz Monclair, accusé d’avoir bloqué les travaux d’enquête de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour protéger l’ancien sénateur Nenel Cassy, aujourd’hui membre influent du cabinet du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ce dernier fait pourtant l’objet d’un avis de recherche pour des accusations lourdes, allant de la complicité d’assassinats à l’association de malfaiteurs.

Selon les investigations menées par le Rhajac, les enquêteurs de la DCPJ disposaient d’éléments solides nécessitant l’audition urgente de M. Cassy. Pourtant, plutôt que de se soumettre au processus légal, l’ex-sénateur s’est directement rendu au parquet, où il aurait bénéficié d’un traitement de faveur orchestré par le commissaire Monclair. Ce contournement manifeste des procédures légales soulève de sérieuses questions sur l’indépendance de la justice et l’utilisation abusive du pouvoir par des responsables politiques en poste.

Le Rhajac alerte sur la gravité de cet acte, le qualifiant de faute administrative majeure et appelant à la révocation immédiate du commissaire Monclair. En outre, l’organisation rappelle que le rôle du parquet ne devrait intervenir qu’après une enquête complète de la DCPJ. À l’heure où les prisons haïtiennes regorgent de détenus en attente de jugement, ce traitement préférentiel pour un proche du pouvoir illustre une justice à double vitesse, minée par les pressions politiques et le favoritisme.

Au-delà de cette affaire, c’est tout le système judiciaire haïtien qui se retrouve une fois de plus sous les projecteurs, fragilisé par une impunité persistante. Pour le Rhajac, ne pas sanctionner cet acte reviendrait à normaliser l’intervention politique dans les enquêtes criminelles et à affaiblir encore davantage l’état de droit dans un pays déjà en proie à l’effondrement institutionnel.

Sewom Enfo (SE)

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