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Haïti : dans une courte vidéo, l’ancien ministre Joacéus Nader confirme ses démarches dans un kidnapping

Haïti : dans une courte vidéo, l’ancien ministre Joacéus Nader confirme ses démarches dans un kidnapping

Une nouvelle vidéo que la rédaction de Satellite509 possède a mis Joacéus Nader, ancien ministre des Travaux publics, au cœur d’un scandale politico-criminel. Il y reconnaît avoir participé à des négociations pour la libération de trois otages en 2021, en coordination avec Ezequiel Alexandre, alias « Ze An », un chef de gang notoire, et Magalie Habitant, figure politique controversée. Selon lui, son rôle était limité à des échanges pour obtenir la libération, sans implication préalable ni connaissance des affiliations de ses interlocuteurs.

Cependant, le récit de Nader est fragilisé par les éléments de l’enquête menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Des procès-verbaux et des témoignages recueillis contredisent sa version, indiquant qu’il aurait lui-même mis Magalie Habitant en contact avec Ze An. Pire encore, c’est lui qui aurait coordonné la remise des otages, ordonnant à Magalie d’aller les récupérer à la rue Chavannes, auprès d’un autre acteur impliqué, Jean Rebel Dorcenat. Loin d’un simple rôle passif, il apparaît comme un acteur clé dans cette opération.

Le dossier s’alourdit avec les données techniques fournies par Digicel, qui montrent des échanges fréquents entre Magalie Habitant et plusieurs figures de la criminalité armée depuis 2019. Sa présence récurrente dans des zones sous contrôle de groupes terroristes, comme Fort National, Varreux ou Sans-Fil, renforce les soupçons d’une relation étroite et durable avec ces réseaux. Ces éléments dessinent un schéma d’implication politique dans la criminalité organisée, bien au-delà d’une simple médiation ponctuelle.

Malgré ces révélations troublantes, Joacéus Nader continue de nier toute responsabilité dans le financement de groupes armés ou le trafic d’armes, refusant de commenter les accusations les plus graves. L’enquête, toujours en cours, de la DCPJ pourrait cependant déboucher sur des poursuites judiciaires. Ce dossier relance une fois de plus le débat sur la collusion entre figures politiques et réseaux criminels en Haïti, dans un contexte où l’impunité reste un facteur central de l’effondrement de l’État.

Sewòm Enfo

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