#Politique

Drame de la Citadelle : les critiques de Jean Garry Denis soulèvent aussi des questions sur son propre bilan

Drame de la Citadelle : les critiques de Jean Garry Denis soulèvent aussi des questions sur son propre bilan

Plus d’un mois après la tragédie survenue à la Citadelle Laferrière durant la Semaine sainte, qui a coûté la vie à plus d’une trentaine de personnes, l’ancien directeur général du Ministère de la Culture et de la Communication, Jean Garry Denis, est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il considère comme de graves défaillances institutionnelles dans la gestion du patrimoine national. Dans une déclaration publique rendue le 28 mai 2026, il a pointé du doigt la centralisation des décisions, le manque de personnel sur le terrain et l’absence de suivi des alertes émises avant le drame.

Si plusieurs observateurs reconnaissent la pertinence de certaines critiques formulées par l’ancien haut fonctionnaire, ses déclarations suscitent également des interrogations. Jean Garry Denis a lui-même occupé des fonctions importantes au sein de l’administration publique et a longtemps évolué dans les sphères du pouvoir. Plusieurs acteurs estiment qu’il est difficile de dénoncer aujourd’hui des dysfonctionnements structurels sans expliquer pourquoi ces mêmes problèmes n’ont pas été résolus lorsqu’il disposait d’une influence au sein de l’appareil d’État. Pour certains, cette prise de position ressemble davantage à une dénonciation tardive qu’à une véritable autocritique institutionnelle.

Les questionnements sont d’autant plus nombreux que Jean Garry Denis était considéré comme un proche collaborateur de plusieurs figures ayant exercé des responsabilités importantes dans la transition politique récente, notamment autour de l’ancien président du Conseil présidentiel de transition, Fritz Alphonse Jean. Or, malgré les promesses de réforme et de modernisation de l’État avancées au cours de cette période, les difficultés liées à la gestion du patrimoine, à la protection des sites historiques et à la coordination des institutions publiques sont demeurées entières. Pour de nombreux citoyens, les critiques adressées aujourd’hui aux autorités gagneraient en crédibilité si elles étaient accompagnées d’un examen honnête des responsabilités partagées au cours des dernières années.

Au-delà de la polémique, le drame de la Citadelle rappelle surtout l’urgence d’une réforme profonde des mécanismes de gestion et de protection du patrimoine national. Les familles des victimes attendent toujours des réponses claires sur les circonstances de la catastrophe, tandis que la population réclame des mesures concrètes pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise. Dans ce contexte, les débats politiques et les échanges de responsabilités ne pourront remplacer les enquêtes, les correctifs institutionnels et les actions nécessaires pour garantir la sécurité de ce symbole majeur de l’histoire haïtienne.

Guyno DUVERNE 

duverneguyno@gmail.com

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *