Soupçons de corruption à l’ONA : Le RHAJAC exige une enquête sur la gestion de Lovely François

Soupçons de corruption à l’ONA : Le RHAJAC exige une enquête sur la gestion de Lovely François
Port-au-Prince, le 19 juin 2026 – À peine trois mois après son installation à la tête de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), la directrice générale Lovely François se retrouve au cœur d’une vive tempête politico-financière. Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a lancé un appel pressant aux autorités de contrôle afin de diligenter une enquête approfondie sur sa gestion. L’organisation de journalistes tire la sonnette d’alarme et qualifie les pratiques actuelles de menace directe pour la stabilité et la mission première de cette institution de prévoyance sociale.
Au centre des accusations formulées par le RHAJAC figure un décaissement suspect de 14 millions de gourdes, officiellement alloué à la célébration de la Fête des Mères à la fin du mois de mai. Selon des sources internes citées par le réseau, ces fonds publics auraient été détournés de leur objectif initial pour servir de fonds politiques secrets. L’argent aurait été utilisé pour acheter le silence de militants politiques et pour monnayer des gangs armés, l’objectif étant d’étouffer les contestations populaires et de garantir une transition sans heurts à la date fatidique du 7 juin dernier.
Cette date du 7 juin 2026 cristallisait en effet de fortes tensions en Haïti, marquant l’échéance des 120 jours constitutionnels évoqués par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour stabiliser le pouvoir exécutif et organiser des élections. Face à l’échec du respect de ce délai et à l’absence de garanties sécuritaires, la direction de l’ONA, réputée proche du chef du gouvernement, aurait orchestré ces manoeuvres financières frauduleuses avec la complicité de conseillers de l’ombre pour « calmer le terrain » et protéger le pouvoir en place.
Face à ce qu’il qualifie de pillage des cotisations des travailleurs haïtiens, le RHAJAC fustige le silence actuel de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et exige des comptes publics immédiats. Le syndicat de journalistes réclame formellement un audit indépendant de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), ainsi que des mesures conservatoires pour protéger les preuves. L’organisation rappelle avec fermeté que les caisses de l’ONA ne sont ni un patrimoine privé ni une banque politique, alors même que les retraités et cotisants légitimes croupissent dans la précarité.
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