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Inscription électorale en ligne : Me Kevenot Dorvil plaide pour une démocratie numérique en Haïti

Inscription électorale en ligne : Me Kevenot Dorvil plaide pour une démocratie numérique en Haïti

Alors que les élections sont annoncées pour le 13 décembre 2026, le faible rythme des inscriptions électorales suscite des interrogations. Selon des informations relayées par la journaliste Jacqueline Charles du Miami Herald, environ 6,4 millions d’Haïtiens possèdent une carte d’identification nationale, mais seulement 282 000 électeurs se seraient inscrits après un mois d’opérations. Face à cet écart, Me Kevenot Dorvil, avocat et politologue, propose de recourir aux nouvelles technologies afin de faciliter et d’accélérer l’enregistrement des citoyens sur les listes électorales.

L’ancien coordonnateur du Programme national de cantines scolaires (PNCS) estime que les informations nécessaires sont déjà en grande partie détenues par l’Office national d’identification (ONI). Il s’interroge donc sur la pertinence d’imposer aux citoyens de longs déplacements pour accomplir une démarche qui pourrait être partiellement réalisée à distance. Dans un contexte marqué par l’insécurité, le déplacement de plus de 1,4 million de personnes et les difficultés d’accès aux services publics, ces contraintes risquent, selon lui, de freiner la participation électorale.

Me Dorvil suggère ainsi la création d’une plateforme officielle, baptisée provisoirement « Haïti Électeur », qui permettrait aux citoyens de soumettre leurs informations, de transmettre les documents requis, de suivre leur demande et de recevoir des notifications du CEP. Cette solution ne viserait ni à supprimer les bureaux d’inscription ni à instaurer le vote en ligne, mais à développer un système hybride. Des centres numériques d’assistance, des bureaux physiques et des unités mobiles seraient maintenus pour accompagner les personnes dépourvues d’Internet, de téléphone intelligent ou de compétences numériques.

La mise en œuvre d’un tel dispositif exigerait toutefois des garanties rigoureuses en matière de protection des données, d’authentification des utilisateurs, de chiffrement, de contrôle des accès et d’audit indépendant. En s’inspirant notamment des expériences de l’Estonie, du Rwanda et de l’Inde, tout en les adaptant aux réalités haïtiennes, cette réforme pourrait également ouvrir la voie à la modernisation d’autres services publics. Pour Me Dorvil, l’enjeu dépasse donc les prochaines élections : il s’agit de rapprocher durablement l’État des citoyens et de jeter les bases d’une véritable démocratie numérique en Haïti.

duverneguyno@gmail.com

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