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À Cap-Haïtien, Dominique Dupuy appelle à une « deuxième libération » d’Haïti à travers l’héritage de Bois Caïman

À Cap-Haïtien, Dominique Dupuy appelle à une « deuxième libération » d’Haïti à travers l’héritage de Bois Caïman

Cap-Haïtien, 12 août 2026 – À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy, a prononcé un discours engagé lors de la conférence-débat organisée par le collectif Kenbe Kapòw à l’Hostellerie du Roi Christophe. Placée sous le thème « Bois Caïman : Racines de la liberté, chemin vers l’avenir », cette rencontre a réuni plusieurs personnalités du monde intellectuel et culturel, dont Michel DeGraff, Lyonel Trouillot, Gabrielle Aurel, Sterline Civil, Kenrick Demesvar et d’autres intervenants. À travers son allocution intitulée « Bois Caïman : un appel à une deuxième libération », Dominique Dupuy a invité la jeunesse haïtienne à renouer avec l’esprit de résistance et de responsabilité qui a conduit à l’indépendance du pays.

Au cœur de son intervention, Dominique Dupuy a choisi de raconter l’histoire de « Boss Zo », un antiquaire capois qu’elle présente comme le symbole des milliers d’Haïtiens qui vivent dans la dignité, mais que les institutions finissent par abandonner. Pour elle, la disparition de cet homme, discret mais profondément attaché au patrimoine national, illustre l’échec d’un système incapable de protéger les citoyens les plus vulnérables. À travers ce récit empreint d’émotion, elle a dénoncé une société où la pauvreté, les inégalités, les discriminations et l’indifférence envers les plus modestes sont progressivement devenues une norme.

L’ancienne cheffe de la diplomatie haïtienne a également dressé un constat sévère de la situation nationale. Insécurité, corruption, impunité, déplacements forcés, crise humanitaire, effondrement des services publics et exode de la jeunesse constituent, selon elle, les conséquences de choix politiques qui ont fragilisé l’État. Dominique Dupuy a rejeté l’idée d’une fatalité historique, affirmant qu’Haïti n’est pas victime d’une malédiction, mais des décisions d’une minorité qui a confisqué les ressources et l’avenir du pays. Elle a ainsi appelé à briser les « nouvelles chaînes » de l’incompétence, de la corruption, de la dépendance et de l’exclusion.

Faisant un parallèle avec la cérémonie historique de Bois Caïman du 14 août 1791, Dominique Dupuy a soutenu que la lutte pour la liberté ne s’est jamais achevée. Selon elle, la génération actuelle doit poursuivre ce combat, non par les armes, mais en reconstruisant des institutions solides, en valorisant la langue créole, en renforçant la justice, en restaurant la souveraineté nationale et en favorisant une véritable participation citoyenne. Elle a plaidé pour une Haïti où la dignité, l’égalité des chances et le respect de la vie humaine deviennent les fondements de l’action publique.

En conclusion, Dominique Dupuy a lancé un vibrant appel à la jeunesse haïtienne afin qu’elle s’engage activement dans la reconstruction du pays. Reprenant l’héritage des héros de l’indépendance, elle a exhorté les citoyens à faire de l’unité, de la solidarité et du courage les moteurs d’une transformation nationale. « Nous n’avons pas besoin d’un deuxième Pont-Rouge, mais d’un deuxième Bois Caïman », a-t-elle déclaré, résumant ainsi son plaidoyer en faveur d’un nouveau sursaut collectif pour bâtir une Haïti où la liberté se traduit enfin par la justice, la sécurité et la dignité pour tous.

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Bwa Kayiman : Soti nan Revòlt 1791

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